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 La mort d'un arbre ? Ou la promesse d'un renouveau ?

La mort d'un arbre ? Ou la promesse d'un renouveau ?

Un arbre, et même une plante d'intérieur, qui vous apportent pendant des années la paix de leur verdure et l'espérance de leur printemps, finissent par devenir d'authentiques amis, à l'instar d'animaux familiers.

C'est pourquoi, à Cuernavaca, j'ai eu un pincement au cœur quand le voisin m'a annoncé dans un espagnol dont rien ne m'a échappé son impitoyable verdict : demain, nous allons couper l'Arbre (dont le pied est chez lui, dont la tête est au dessus de notre terrain).

L'arbre, un ficus géant à petites feuilles, de vingt mètres de haut, c'était encore, au moment de notre installation dans le quartier, il y a 5 ans, un bouquet impressionnant de plusieurs troncs surplombant notre petit jardin, y créant bien trop d'ombre, y faisant pleuvoir tous les jours des milliers de feuilles mortes encombrant même la piscine, car le ficus, essence persistante perd des feuilles, et des fruits, à longueur d'années.

L'ancien propriétaire de la maison d'à côté s'était résolu, il y a je crois deux ans, à le faire élaguer, ne laissant subsister qu'un seul tronc prolongé par une magnifique frondaison. Mais le solitaire avait pris de la force, avait tendance à pencher, et pouvait représenter une menace pour l'une ou l'autre habitation, d'où la décision (à laquelle je n'avais pas mon mot à dire) de l'abattre.

ÉCOUTE BÛCHERON...

Quand j'ai vu arriver hier midi l'élagueur, manifestement un professionnel, je lui aurai bien lancé, à l'instar de Ronsard : « Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras! » car comme en forêt de Gastine, « des nymphes vivaient dessous la dure écorce ». Ou du moins il y avait plein d'oiseaux dans l'épais feuillage, dont les pies noires et bavardes, sans oublier la sarigue qui lors de ses expéditions nocturnes, trouvait abri dans la ramure.

Cependant, il m'avait bien fallu admettre que le ficus était devenu disproportionné par rapport à la surface des jardins et à la proximité des maisons.

Ravalant ma tristesse, j'ai ensuite craint pour le maître élagueur, manœuvrant sa tronçonneuse à quinze mètres de hauteur, attaché par une simple corde, pour couper l'arbre par petits morceaux car il était impossible de l'abattre en une seule fois sous peine de causer de gros dégâts.

Les fortes branches chutaient, les unes après les autres dans un grand fracas, et avec beaucoup d'adresse, faisant descendre les morceaux de tronc au bout d'un câble, le bûcheron réussit à ne pas se casser la figure avec l'un d'eux.

Ouf ! En deux heures environ, l'opération était achevée, et c'est alors que j'ai éprouvé le bonheur de constater que l'arbre n'était pas tout à fait mort. L'élagueur n'avait coupé le tronc qu'à environ deux mètres du sol, laissant encore émerger, par dessus le mur de clôture, un bouquet de verdure qui va maintenant se développer, sous la poussée de la sève, sans provoquer de nuisance ou de danger, ce pour de longues années. Les pies pourront revenir y bavarder, et la sarigue s'y cacher tandis que de l'énorme souche se multiplieront les rejets prometteurs…

Sous cette ombre nouvelle, avec Pierre de Ronsard, je me réjouirai que tout ne soit pas devenu muet, laissant Écho sans voix...

LA TAILLE DE L' HOMME AU TRAVAI DONNE UNE IDEE DES DIMENSIONS DE L' ARBRE

LA TAILLE DE L' HOMME AU TRAVAI DONNE UNE IDEE DES DIMENSIONS DE L' ARBRE

Tag(s) : #Environnement, #Vie quotidienne, #Nature

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